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Détections de coupes rases 2005-2019

Monitoring régional

Le premier objectif de CARTEFOR était de produire une cartographie régionale montrant l'évolution des surfaces forestières du Grand Est sur les dix à quinze dernières années, en utilisant des images satellites acquises à différentes dates.

Création de masques forestiers et détection des coupes rases

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L’analyse de mosaïques d’images SPOT 5, 6 et 7 puis Sentinel-2 a permis au laboratoire ICube-SERTIT  de produire plusieurs "masques forestiers". Il s'agit de cartographies distinguant les surfaces boisées des surfaces non boisées, les peuplements feuillus des peuplements résineux, produites à différents pas de temps et à une résolution de 10 m. Les coupes rases de plus de 25 ares ont été détectées à pas de temps réguliers du début des années 2000 jusqu’à l’été 2019 pour l’ensemble du Grand Est.

 Attention : le terme « coupes rases » est utilisé ici pour désigner une surface où l’on a détecté ou observé un passage rapide d’un état boisé à un état de sol nu. La majorité de ces détections était constituée de coupes à blanc de récolte, mais elles pouvaient également inclure des défrichements, des coupes sanitaires, des coupes définitives, ou plus rarement des coupes d’emprises et des chablis.

 

Les coupes rases font l’objet d’une règlementation qui prévoit des demandes d’autorisation et des obligations de renouvellement des peuplements forestiers au-delà de seuils de surface définis départementalement. Il s'agit donc d'un déboisement temporaire, à la différence des défrichements, pour lesquels la nature d’occupation du sol change, passant d’un état boisé à un terrain agricole, urbain, ou autre.

 

 Périodes d'acquisition des images pour la création des masques forestiers et la détection des coupes rases

 

Masques  Forêt Feuillus/Résineux

Détections des coupes rases

Lorraine

2005 et 2016

2005-2010-2016-2017-2018-2019

Alsace

2003, 2009 et 2016

2003-2009-2011-2013-2016-2017-2018-2019

Champagne-Ardenne

2005 et 2016

2005-2010-2016-2017-2018-2019

 

Les cartographies produites ont été évaluées par comparaison avec la BD Forêt v2 ® de l’IGN pour les masques feuillus / résineux, et par photo-interprétation d’un échantillon de  30% des parcelles détectées pour les coupes rases. La précision globale des différentes couches dépassait 90%, très peu de fausses détections ont été observées. En revanche, l’erreur d’omission (coupes existantes qui ne seraient pas détectées) n’a pas pu être estimée.


Des disparités régionales

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Distribution des surfaces détectées coupées

L’analyse a mis en évidence des disparités régionales, la surface moyenne des coupes rases étant plus faible à l'est (1 ha) qu'à l'ouest (2,5 ha). Les coupes rases de moins de 4 ha représentent 79% des surfaces détectées comme coupées entre 2003 et 2019 en Alsace ; 72% des surfaces détectées comme coupées entre 2005 et 2019 en Lorraine et 49% des surfaces détectées comme coupées entre 2005 et 2019 en Champagne-Ardenne.


Des détections qui augmentent suite à la crise sanitaire

Evolution des détections en Lorraine (png - 255 Ko)

L’évolution des surfaces détectées comme coupées annuellement montre, comme on pouvait s’y attendre, une augmentation des surfaces coupées à blanc dans les peuplements résineux de plaine en 2018-2019 liée à la crise des scolytes. On observe une augmentation de plus de 30% du nombre de détections en Lorraine et en Champagne-Ardenne, et une surface coupée annuellement multipliée par 6 en Meurthe et Moselle et en Meuse, et par 2 dans l’Aube et la Haute-Marne par rapport à la période de référence 2005-2017.


L'avenir incertain des peuplements coupés en forêt privée

La reconstitution des peuplements après coupe rase a été évaluée dans plusieurs secteurs : Ardennes, Aube, plaine lorraine et versants lorrains et alsaciens du Massif vosgien. Une première phase de photo-interprétation permettait de classer les détections dans les catégories suivantes :

« Fausse détection », « Coupe de récolte » ou « Défrichement ». Le mode de reconstitution et l’avenir du peuplement étaient ensuite déterminés sur le terrain, sur un sous-échantillon des détections précédemment photo-interprétées sélectionné aléatoirement.

À télécharger :

Reconstitution des parcelles coupées (png - 347 Ko)

L’analyse a mis en évidence des problèmes de reconstitution des peuplements coupés localement importants :

  • on note en particulier l’importance des surfaces défrichées en plaine Lorraine avec pour moitié des transitions vers des terrains urbains et pour l’autre moitié vers des terrains agricoles ;
  • les nombreuses coupes rases laissées en friche dans le Massif vosgien, qui sont très préoccupantes pour la pérennité de la ressource. Même si 73% des parcelles coupées présentent une régénération naturelle ou une implantation d’essences ligneuses laissant présager un retour à un état boisé à moyen ou long-terme, seulement 40% présentent une densité d’essences objectifs suffisante pour envisager une future production de bois d’œuvre. Ce résultat est à mettre en relation avec la forte pression du gibier et notamment des cervidés dans le Massif Vosgien. Jusqu’en 2018, le faible taux de reconstitution des forêts coupées à blanc était compensé par les faibles surfaces coupées annuellement, ce qui ne sera plus le cas suite à la récente crise des scolytes et aux dépérissements de sapins ;
  • une très forte baisse de ressource résineuse est également observée dans les Ardennes, où la comparaison des masques feuillus/résineux de 2005 et de 2016 aboutit à une perte de plus de 2000 ha de surfaces résineuses  suites aux coupes détectées entre 2005 et 2011. 

Résultat attendu mais rassurant : les taux de reconstitution sont beaucoup plus élevés dans les forêts soumises à un document de gestion durable qu'il s'agisse d'un Plan Simple de Gestion ou d'un Code de Bonnes Pratiques Sylvicoles (CBPS).